De l’épargne salariale au compte-titres

02/06/2026 - source : Investissement Conseils

Acteur incontournable de l’épargne salariale et retraite, le groupe Eres a progressivement élargi ses capacités pour devenir une plate-forme globale au service des cabinets de conseil en gestion de patrimoine. Porté parles évolutions réglementaires et l’avènement de la retraite par capitalisation, le groupe ambitionne d’atteindre les 9 milliards d’euros d’encours, d’ici la fin de l’année. Entretien avec son président, Mathieu Chauvin.

De lépargne salariale au compte titresInvestissement Conseils : Acteur historique du marché de l’épargne salariale, vous vous êtes largement diversifié ces dernières années.Pour quelles raisons ? Mathieu Chauvin : En effet, la loi Pacte de 2019 nous a permis d’accélérer notre diversification en nous orientant sur l’épargne individuelle via le PER individuel. Nous avons créé notre premier contrat d’assurance-vie en 2023. Fin 2022, nous avons fait l’acquisition de Primaliance qui nous a conduits à créer Eres Prime Immo en 2024. Enfin, une offre bancaire complète le dispositif depuis quelques semaines, avec Eres Titres, fruit de notre partenariat avec Shares. Nous avons désormais une approche globale des enjeux d’épargne en couvrant toutes les grandes briques d’un patrimoine. La retraite par capitalisation est désormais un mouvement de fond en France, mais il existe encore un retard important. Si les Français épargnent beaucoup, ils n’utilisent pas forcément les bons véhicules. L’épargne salariale permet de se constituer sa première épargne à l’aide de l’entreprise, via ses salaires ou ses primes, l’assurance-vie de se constituer un capital, le PER de préparer sa retraite tout en défiscalisant – l’assurance-vie et le PER facilitant la transmission d’un patrimoine – , les SCPI de se constituer un complément de revenu et de bâtir un patrimoine immobilier… Avec nos différentes offres, nous pouvons désormais adresser l’ensemble du cycle de vie de l’épargnant, tout en lui permettant d’avoir un large choix de solutions d’investissement modernes et en architecture ouverte. Le CGP doit pouvoir apporter une réponse Eres aux besoins de chacun de ses clients, le tout avec des interfaces digitales facilitant la souscription et le parcours réglementaire et un appui opérationnel, notamment d’un point de vue pédagogique. Pour accompagner nos partenaires sur ces différents dispositifs et leur combinaison, nous disposons d’une équipe d’ingénieurs patrimoniaux qui s’inspirent du terrain pour partager avec tous les stratégies gagnantes.Cette diversification porte-t-elle ses fruits ?Comme dans toute activité en BtoB, la montée en régime est progressive car il faut se faire connaître, démontrer notre valeur ajoutée et créer les automatismes chez les distributeurs. Ce temps d’appropriation est aujourd’hui passé, puisque les volumes commencent à être conséquents, notamment en assurance-vie et PER. L’épargne salariale, notre métier historique, tracte toujours notre croissance, bien qu’il s’agisse de produits matures chez nous. Par exemple, nous entreprenons de nombreuses démarches auprès des experts-comptables, chez lesquels nous portons ce discours depuis dix ans. L’idée fait son chemin et ils ont tout leur rôle à jouer dans l’optimisation de la rémunération des dirigeants. Parallèlement, nous avons également un fort développement auprès des courtiers, dont la clientèle est le plus souvent constituée de PME concernées par l’abaissement du seuil à onze salariés pour le partage de la valeur et auprès desquelles ils avaient déjà des missions autour de la prévoyance et de la santé collective. S’agissant des CGP, leur clientèle – le plus souvent des dirigeants d’entreprises de moins de dix salariés – est moins concernée par cette obligation. Néanmoins, si l’épargne salariale était une approche tantôt opportuniste, tantôt défensive, elle est devenue un des piliers de leur offre globale, voire un vecteur de conquête de clients pour certains.De nombreux acteurs cherchent à prendre des parts de marché en épargne salariale…En effet, chez Eres, nous avons beaucoup investi dans les moyens mis à disposition de nos partenaires, et nous continuons à investir dans nos propres outils, ce qui nous permet de garder notre longueur d’avance, alors qu’il s’agit d’un métier particulier dans l’écosystème patrimonial. Par exemple, le cycle de reversement annuel est un processus totalement industrialisé et digitalisé ; en quelques clics, les plans sont alimentés. Comment modernisez-vous votre offre de supports financiers ?Il s’agit d’une amélioration en continu. Par exemple, si nous proposions initialement des fonds actifs, nous avons élargi notre palette aux ETF. De même, alors que les EMTN ne sont pas éligibles à l’épargne salariale, nous avons lancé, l’an passé, avec le Crédit agricole CIB, le premier FCPE structuré à coupon et capital garanti (Eres Structure Automne 2025), et un nouveau sera ouvert prochainement. Autre exemple, nous avons obtenu des agréments pour des FCPE en non-coté : Eres Private Solutions, dédié au PEReco depuis 2023, et plus récemment Eres x Eurazeo Multi-actifs pour le PEE.Qu’en est-il de votre activité sur le PER individuel ?Six années après sa création, le PER est devenu un marché de transferts. Il est donc pour nous primordial d’accompagner nos partenaires pour s’assurer qu’ils remplissent bien leur devoir de conseil. Nous avons automatisé cet aspect en nous basant sur une bibliothèque recensant l’ensemble des contrats du marché, ainsi que les différentes étapes du transfert du contrat. Ici, nous proposons deux plans : un premier, historique, assuré par Swiss Life, un second construit avec Spirica et qui se veut très diversifié en termes de supports et qui permet d’accéder à deux fonds en euros (le Fonds en Euros Nouvelle Génération et le Fonds Euro Objectif Climat) et des grilles de gestion pilotée. D’ailleurs, notre contrat d’assurance-vie orienté retraite est calqué sur ce PER, avec les mêmes grilles de gestion pilotée à désensibilisation du risque.Un mot sur la plate-forme Eres Prime Immo ?Historiquement, les conseillers en gestion de patrimoine réduisaient leur choix à quelques véhicules, jusqu’à trois généralement, pour des raisons de complexité opérationnelle. Avec Eres Prime Immo, ils peuvent, avec une seule convention de distribution, accéder à une cinquantaine de fonds et proposer une allocation diversifiée à leurs clients. Eres Prime Immo permet également toutes les modalités modernes d’investissement, comme le réinvestissement des dividendes, les versements programmés ou encore l’acquisition en démembrement, avec différentes clés de répartition entre usufruit et nue-propriété.Pour quelles raisons avez-vous décidé de lancer une offre bancaire ?Aujourd’hui Eres compte trente mille entreprises clientes, accompagnées par des conseillers en investissements financiers (CIF). Celles-ci ont donc naturellement des besoins en termes de gestion de trésorerie à court et moyen terme. Il était donc logique que nous permettions à nos partenaires de proposer une offre moderne comme celle conçue avec Shares et qui dispose d’un éventail de supports très large. Les personnes physiques sont également concernées par cette offre, notamment le PEA qui reste une enveloppe fiscalement très avantageuse. Eres Titres se distingue également par une grille de prix simple et transparente, avec la liberté pour le CGP de positionner ses frais de conseil.Que représente aujourd’hui le groupe Eres ?Le groupe Eres compte aujourd’hui 8,3 milliards d’euros d’encours, dont 6 milliards d’euros sur l’épargne salariale. L’an passé, nous avons collecté, 1,3 milliard d’euros, dont un milliard d’euros sur notre activité historique. Et ce sont cent-cinquante collaborateurs qui œuvrent au quotidien à notre développement et à celui de nos huit mille partenaires. D’ici la fin de l’année, nous visons les 9 milliards d’eurosd’encours.