Entre les acquisitions de Keys REIM et de Stam Europe, les lancements de nouvelles sociétés de gestion et de nouveaux produits, l’actualité est riche pour le groupe Atland. Le point avec Antoine Onfray, directeur général délégué du groupe, et Martin Jacquesson, président d’Atland Voisin.
Investissement Conseils : Pourriez-vous nous présenter votre groupe et plus particulièrement vos activités de gestion ?Antoine Onfray : Atland est un groupe coté en Bourse, opérant sur deux métiers dont la combinaison est nécessaire, avec d’une part la gestion d’actifs au niveau européen, et d’autre part le développement d’opérations. Grâce à notre savoir-faire historique de promoteur, nous disposons d’une expertise en gestion financière et opérationnelle. Ces dernières années, le groupe s’est séparé d’actifs détenus en propre et a allégé son bilan, notamment en réduisant de plus de 50 % sa dette. En matière de gestion d’actifs, nous opérons sous différents sous-jacents et sous différentes entités, à savoir Atland Voisin, pour la gestion de nos quatre SCPI, Atland IM, société créée en fin d’année dernière et dédiée aux investisseurs institutionnels, Aedgis, société agréée en début d’année pour la gestion de solutions de dette immobilière, et Fundimmo, pour le Crowdfunding. Nous avons également élargi nos capacités de gestion avec l’acquisition de Keys REIM sur le Private Equity immobilier, ce qui nous a permis de nous positionner sur une clientèle plus fortunée et, plus récemment, nous avons acquis la société allemande Stam Europe. Notons que nous sommes également associés avec Axa au sein de la société MyShareCompany qui distribue deux SCPI, l’une généraliste, l’autre sur la thématique de l’éducation. Au final, via notre croissance organique et externe, nous sommes une société de gestion globale qui, grâce à ses performances et sa collecte toujours positive, est en capacité de lancer de nouveaux produits et de profiter des opportunités de marché.Que représente votre gestion en termes d’encours et de collecte ?Martin Jacquesson : A la fin du premier semestre, nous gérions pour 5,6 milliards d’euros d’encours et avions réalisé une collecte brute de 244 millions d’euros, dont 237 millions sur les fonds d’Atland Voisin et MyShareCompany. Après la finalisation de l’acquisition de Stam Europe, nous dépasserons les 6,5 milliards d’euros d’encours.Pour quelles raisons avez-vous décidé de réaliser les acquisitions de Keys REIM et de Stam Europe ?A. O. : Nous nous positionnons comme un acteur de la consolidation du marché de la gestion d’actifs immobiliers. Keys REIM nous permet de compléter notre base de clients sur le segment de la gestion de fortune. Cette acquisition nous renforce également sur le plan géographique, puisque Keys REIM officie sur sept pays où nous n’étions pas présents, mais aussi sur le plan des expertises sur le marché de l’hôtellerie et sur la gestion de fonds Evergreen. De son côté, Stam Europe renforce notre savoir-faire dans les domaines de la logistique, des locaux d’activité et de la détention à long terme sur le résidentiel. Par ailleurs, nous élargissons aussi notre base de clients sur le segment des institutionnels et à l’international.Entre ces acquisitions et les lancements de nouvelles sociétés de gestion, quelles sont les conséquences pour les CGP ?M. J. : Pour nous, les cabinets de gestion de patrimoine sont des partenaires primordiaux, avec qui nous entretenons des relations quotidiennes via nos sept commerciaux qui sillonnent la France pour aller à leur rencontre. La clientèle privée représente ainsi 4,5 milliards d’euros d’encours. Désormais, nous sommes en capacité de leur proposer une offre adaptée à chacun des segments de leurs clients, du mass market à la clientèle d’un family offices, de la SCPI diversifiée au Private Equity en passant par la dette privée, le Crowdfunding ou encore des SCPI thématiques. De plus, cette offre s’étoffe sur les plans sectoriel et géographique.Comment avez-vous traversé les soubresauts qu’a connus le marché de la pierre-papier ?A. O. : Durant la crise, nous n’avons pas connu de dévalorisation du prix des parts de nos SCPI et nous avons continué à délivrer un rendement attractif. Dès lors, les investisseurs ont pu mesurer la qualité de notre gestion et nous n’avons pas connu de retraits massifs, d’autant plus que nous sommes très peu exposés à l’assurance-vie. Et nous avons continué à collecter et avons su nous montrer opportunistes en termes d’acquisitions. Chez Atland, nous considérons que la gestion pour compte de tiers repose sur trois fondamentaux : une forte expertise, des équipes présentes localement – après l’ouverture d’un bureau en Espagne en 2024, nous sommes désormais présents également en Allemagne et au Luxembourg – et une exposition sur toutes les classes d’actifs immobilières. Ce sont ces principes qui nous ont permis de traverser les différentes crises depuis le lancement de notre première SCPI en 1968.Un mot sur votre gamme de produit ?M. J. : Sur les SCPI, nous proposons quatre véhicules : - Epargne Pierre est notre véhicule phare, avec 2,8 milliards d’euros d’encours (quatre-cent-cinquante actifs et mille locataires) et qui investit de façon diversifiée sur les métropoles régionales françaises (moins de 50 % de bureaux). Avec une collecte mensuelle de 10 millions d’euros bruts depuis le début de l’année, nous sommes en capacité de saisir de belles opportunités, avec des rendements à l’achat souvent supérieurs à 7,5 %, notamment sur des immeubles de commerce, d’hôtellerie et de logistique. Parallèlement, nous avons mené une politique d’arbitrages de notre patrimoine, notamment sur des commerces. Il s’agit d’un fonds de fond de portefeuille, dont le taux de rendement est stable depuis cinq ans, autour de 5,30 % et quasiment exclusivement composé de revenus locatifs ; - Epargne Pierre Europe, qui collecte chaque mois une trentaine de millions d’euros. Ce fonds qui investit en Europe a dépassé les 400 millions d’euros de capitalisation et devrait franchir le cap du demi-milliard, d’ici la fin de l’année. Nous nous sommes positionnés en Irlande, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Espagne, et nous devrions élargir à d’autres pays prochainement, vraisemblablement la Pologne, l’Autriche et la Suisse. L’an passé, son rendement s’est élevé à 6,75 % (brut de fiscalité étrangère) ; - Epargne Pierre Sophia, qui investit sur la thématique de l’immobilier de santé, en France et en Europe (actuellement au Portugal et en Espagne) et dont c’est la première année d’existence ; - et notre SCPI à capital fixe Immo Placement, créée en 1968, qui continue de délivrer un beau rendement (5,87 % l’an passé). Une ouverture prochaine de son capital pourrait intervenir. Ces quatre SCPI sont de purs produits de rendement. Notre niveau de collecte actuel prouve que l’immobilier collectif attire toujours et que nos mille cinq cents partenaires ont pris conscience de l’importance de la qualité du gérant et de sa stratégie. Avec Keys REIM, nous disposons de solutions de capitalisation avec les deux FPS Evergreen Keys Sélection et Keys Users. Prochainement, nous allons lancer un FPCI de capitalisation à maturité sur le marché de l’hôtellerie et qui sera éligible au dispositif de l’apport-cession. Nous proposerons également un premier fonds de dette au travers d’Aedgis qui sera accessible à partir de 100 000 euros, avec un objectif de rendement de 6 à 7 %. Nous souhaiterons au travers de ces fonds également intégrer le format Eltif pour ouvrir la classe d’actifs au plus grand nombre et avoir une distribution paneuropéenne.