Le neuf n’est pas toujours dans le lancement d’un produit, mais dans son amélioration régulière. Illustration avec Cardif Libertés Emprunteur, une assurance de prêt lancée en… 2019.
Retour sept ans en arrière. Fin 2019, la banque BNP Paribas Cardif annonçait le démarrage de sa nouvelle offre d’assurance de prêt à destination de son réseau de courtage et partenaires CGP. Son nom : Cardif Libertés Emprunteur. Si le produit existe toujours sous cette dénomination, il a depuis fortement évolué, une nécessité sur un marché libéralisé (cf. encadré). Rappel initial : l’assurance de prêt couvre le crédit souscrit auprès d’une banque, avec pour rôle de prendre le relais du remboursement en cas de décès, d’invalidité permanente ou d’incapacité de l’assuré (sous conditions).
Petites touches successives
Le socle de cette offre repose sur quatre formules de garanties possibles. Au départ, on en comptait sept. Cet allègement s’est produit en restant conforme aux exigences des banques prêteuses sur les garanties proposées. Concernant celles en cas d’invalidité et incapacité, des améliorations ont été apportées. Ainsi une enveloppe d’assistance de 2 000 euros dans les douze mois suivant le sinistre est-elle proposée. Signalons aussi l’inclusion d’une couverture contre le risque de décès accidentel, qui prend en charge le montant du capital assuré, dans la limite de 350 000 euros pendant la phase d’accomplissement des formalités d’adhésion. Les questions de santé sont au cœur de toute assurance de prêt. Sur ce point, Cardif a aussi aménagé son offre au fil du temps. En 2024, un allègement des formalités médicales a été acté. Et tout adhérent de moins de quarante-six ans, sans pathologie déclarée, peut désormais être assuré via un simple questionnaire de santé pour les garanties standard (jusqu’à un million d’euros emprunté). Les prêts relais, jusqu’à 300 000 euros associés à un prêt principal, n’entrent pas non plus dans le calcul des formalités médicales. Il faut noter que pour faciliter le parcours des clients, des centres médicaux agréés dans toute la France sont accessibles sans avance de fonds. Ce n’est pas tout. Depuis fin 2024, les patients atteints du HIV ne subissent plus de surprime ou exclusion si le traitement est en cours et la charge virale indétectable. Et le remboursement du test génomique (3 000 euros maximum) pour certains cas de cancer du sein est inclus. Ces petites touches témoignent d’un produit évolutif, marque de fabrique du groupe dans la gestion de ses produits d’assurance-vie.
Quid du tarif ?
L’offre s’est aussi renforcée sur le volet protection familiale. Une garantie « aide à la famille » a ainsi été intégrée en 2024, comprenant « la présence parentale » et la garantie « proche aidant », qui permet de prendre en charge les mensualités pour prendre soin d’un enfant accidenté ou d’un proche handicapé ou dépendant dont il faut s’occuper. Sur le terrain professionnel, la garantie perte d’emploi inclut maintenant la rupture conventionnelle. Ainsi qu’une prestation d’aide au retour à l’emploi (1 000 euros, une seule fois), à l’expiration d’une franchise de trente jours consécutifs de perte d’emploi. Reste un élément clé, le tarif. Ici, l’assuré choisit le mode de tarification, une cotisation variable ou fixe. Cardif ne fait pas de guerre des prix, son contrat n’est pas le moins cher du marché. Mais l’assureur revendique une offre couvrante fiable et transparente. A noter : la tarification n’a pas été affectée pour les personnes traitées pour le VIH (aucune surprime), ni pour les personnes atteintes du cancer du sein, de la prostate et des testicules, à compter de la date de fin du protocole thérapeutique. En outre, l’assureur propose une tarification adaptée pour certaines maladies (Parkinson, par exemple). Côté pratique, le parcours d’adhésion au contrat se veut 100 % digital, avec renseignement des données de santé en ligne, de manière confidentielle. Avec le « Passeport » Cardif Libertés Emprunteur, le client peut aussi anticiper les démarches d’assurance avant l’obtention de son crédit, la proposition d’assurance étant valable douze mois, contre quatre précédemment. Quant au courtier ou CGP, il dispose d’outils complets, permettant de donner des devis, de réaliser l’adhésion ou des substitutions de contrats.
Loi Lemoine, bilan contrasté
Entrée en vigueur début 2022, la loi Lemoine permet de changer d’assurance de prêt à tout moment. Selon le baromètre 2025 de l’Apcade (Association pour la Promotion de la concurrence en assurance des emprunteurs), 92 % des emprunteurs ayant eu la possibilité de changer de contrat ont fait des économies (supérieures à 5 000 euros pour 43 % d’entre eux et à 10 000 euros pour 15 % sur la durée totale du prêt). Un gain financier certain, donc. Mais cette liberté de changer serait entravée par les banques selon l’association, avec notamment des délais de réponse supérieurs aux dix jours légaux et de nombreux obstacles administratifs. Rappel : en octobre 2025, quatre banques ont été mises à l’amende par la DGCCRF (montant 700 000 euros).